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INTRODUCTION
Si proche et si lointaine, à
cheval sur l’Europe et sur l’Asie, la Turquie est inclassable. A la fois
synonyme de splendeur et de décadence, de sultans et de harems, de palais
fabuleux et de bazars foisonnants, ce pays occupe une place à part dans
l’imaginaire européen. Le film Midnight Express et, plus récemment, le
conflit avec les Kurdes, ont conféré à ce pays en pleine mutation une
réputation sulfureuse dont il a du mal à se débarasser.
Allez
vérifier vous-mêmes et partez à la découverte d’une histoire à la richesse
incroyable, d'une architecture à faire pâlir d'envie les Romains, de
l'hospitalité chaleureuse d’un peuple et d’une délicieuse cuisine. Des
douces plages de la mer Égée aux majestueuses montagnes de l'Anatolie
orientale, la Turquie offre une gamme variée de paysages et de
distractions sportives : rafting, plongée sous-marine ou trekking. Et un
joyau : Istanbul, l'ancienne Constantinople, façonnée par les Romains et
les Ottomans.
CARTE D'IDENTITÉ
• Intitulé officiel : République turque.
• Superficie : 779 452 km2
(environ une fois et demi la France).
• Population : 63 millions
d'habitants.
• Capitale : Ankara (3,2 millions
d'habitants).
• Population et ethnies : 85% de Turcs, 12% de Kurdes, Arméniens, Juifs.
• Langues : Turc
• Religions : Musulmane.
• Institutions politiques : La
Turquie est une démocratie parlementaire. La Grande Assemblée turque, élue
par tous les citoyens âgés de plus de 19 ans, est l'héritière directe du
Congrès réuni par Atatürk au lendemain de la guerre d'Indépendance (début
des années 20). Le président, élu par l'Assemblée pour sept ans, est censé
se placer au-dessus des partis, symbolisant la nation. Il nomme le chef du
gouvernement qui détient la réalité du pouvoir.
• Chef du
gouvernement : Bülent Ecevit.
• Monnaie : La lire turque
(TRL).
ENVIRONNEMENT
Géographie
Le mot carrefour est souvent galvaudé. Il s'applique pourtant à
merveille à la Turquie. 1 700 km séparent Edirne (à l'ouest) , à la
frontière avec la Bulgarie, de Kars (à l'est), aux portes de l'Arménie. Du
nord, sur le littoral de la mer Noire, au sud, sur les rives de la
Méditerranée, il faut parcourir 1 000 km. Ce pays, connu jadis sous
le nom d'Asie Mineure, partage des frontières avec la Grèce, la Bulgarie,
la Géorgie, l'Arménie, l'Iran, l'Irak et la Syrie. Ses paysages sont
extrêmement variés : montagnes, steppes, rivières encaissées, vallées
agricoles et littoral verdoyant (d'une longueur de 8 400 km).
Climat
Les côtes méditerranéenne et égéenne bénéficient d'hivers tempérés,
mais pluvieux. Les étés y sont chauds et secs. A Istanbul, le thermomètre
s’établit autour de à 28-30°C en période estivale ; les hivers y sont
froids et pluvieux. Les hauts plateaux anatoliens sont plus frais durant
l'été, mais le mercure dégringole en hiver. Le littoral de la mer Noire
est tempéré et arrosé à la belle saison, froid et pluvieux en hiver. En
cette même saison, la partie montagneuse du pays, à l'est, est glaciale et
fortement enneigée. En revanche, elle s'avère agréable et chaude en été.
Le sud-est de la Turquie est sec et doux en hiver, torride en été (avec
des pointes à 45°C).
Faune et
flore
De vastes forêts couvrent l'Anatolie orientale, les côtes de la mer
Noire ainsi que le littoral méditerranéen. De nombreux arbres fruitiers
poussent en Turquie : dattiers, abricotiers, cerisiers. Le pays est
également l'un des principaux producteurs de noisettes au monde. Les
steppes se parent d'un tapis chatoyant de fleurs sauvages au printemps. Le
pays offre une faune qui s'apparente à celle des Balkans : ours, lynx,
sangliers, loups et quelques (de plus en plus rares) léopards. Vous
croiserez plus facilement des chevaux, des chèvres et des moutons gardés
par un chien de berger très puissant, le kangal. Le paysage ornithologique
est d'une richesse exceptionnelle, avec notamment de très nombreux
rapaces, y compris de majestueux aigles. A noter enfin la présence du
célèbre chat de Van, aux yeux vairons extrêmement
troublants.
HISTOIRE
1250 av. J.-C. -
Les Grecs
prennent d'assaut la ville des Hittites, Troie.
330 av.
J.-C. - L'Asie Mineure, à l'instar de l'ensemble du Proche-Orient,
passe sous la domination d'Alexandre le Grand.
330 -
L'empereur Constantin fonde la "nouvelle Rome" à Constantinople,
déplaçant le centre de gravité de l'empire sur les rives du Bosphore. Deux
siècles plus tard, Justinien fait construire l'église Sainte-Sophie, le
plus grand édifice religieux du monde.
669-678 -
Les armées de Mahomet conquièrent la Turquie actuelle. Plusieurs
dynasties islamiques se succèdent à la tête du pays (notamment les Seljuks
au XIe siècle).
1453 -
Prise de Constantinople par Mehmet II. Début du règne des Ottomans. Sous
l'autorité de Soliman le Magnifique (1520-1566), leur Empire s'étendra sur
le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et en Europe jusqu'aux portes de
Vienne.
1918 -
Allié de l'Allemagne, lEmpire sort démembré de la Première Guerre
mondiale.
1923 -
La République turque est proclamée par Mustafa Kemal, mettant fin au règne
des Ottomans. La Turquie parviendra à préserver sa neutralité durant la
Seconde Guerre mondiale.
1993 -
A la mort de Turgut Ozal, la démocratie parlementaire semble s'être
solidement installée en Turquie.
CARACTÉRISTIQUES ÉCONOMIQUES
• PNB : 190 milliards de
$US.
• PNB/habitant : 2 800
$US.
• Inflation : 75%.
• Principales activités : La
Turquie possède quelques gisements de pétrole, mais c'est le secteur
secondaire qui est le plus développé, avec d'importantes industries de
moteurs automobiles et d'ingénierie. L'agriculture turque emploie
également une part importante de la population active. Principales
productions locales : blé, coton, tournesols, betteraves. La Turquie est
le principal producteur de coton en Europe. Le tourisme, enfin, constitue
une source en devises appréciable pour l'économie
turque.
• Principaux partenaires : Allemagne, États-Unis,
Italie, Grande-Bretagne, France.
CULTURE
Arts
La littérature et
la musique de la Cour étaient essentiellement d'inspiration religieuse à
l'époque ottomane, c'est-à-dire souvent pompeuses et quelque peu lugubres.
Le poids de l'islam dans cette société a prohibé pendant plusieurs siècles
tout art figuratif. Les arts non figuratifs ont connu, à rebours, un
développement et un raffinement exceptionnels. Les musées turcs sont
remplis de vases et de poteries magnifiques, de bijoux et de costumes
d'une richesse quasiment inégalée. L'ornement des portes des mosquées est
un plaisir pour les yeux. L'arrivée au pouvoir d'Atatürk a révolutionné la
place et la physionomie de l'art en Turquie. Subitement, la peinture et la
sculpture ont obtenu droit de cité et connu une expansion rapide. Le père
de la Turquie moderne a également fortement encouragé la pénétration de la
musique occidentale (il était un amateur patenté d'opéra).
L'introduction d'un alphabet latin a par ailleurs donné un coup de
fouet à la littérature turque. Ses représentants les plus connus
aujourd'hui sont : Yashar Kemal, Orhan Pamuk ou encore Nazim Hikmet. Le
tissage des tapis reste, depuis des temps immémoriaux, un art en soi en
Turquie. De même, la musique a profondément évolué dans ce pays. Le
Turkü, musique folklorique jouée sur des rythmes modernes, a envahi
les ondes, reléguant à l'arrière-plan des vieilles chansons folkloriques
issues de la tradition des troubadours. Le cinéma est très populaire. La
production locale a pris son envol au lendemain de la Seconde Guerre
mondiale (surtout dans les années 60-70). Parmi ses représentants renommés
à l'étranger : Yilmaz Güney, Basaran et Omer Kavur.
Langue
La construction des phrases et la formation des verbes rendent
l'apprentissage du turc plutôt difficile pour les adeptes des langues
indo-européennes.
Quelques
expressions utiles :
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bonjour |
merhaba |
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bonsoir |
iyi
aksamlar |
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au
revoir |
allaha
ismarladik |
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quel est votre
nom ? |
Adiniz
ne? |
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oui |
evet |
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non |
hayir |
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s'il vous
plaît |
Lütfen |
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merci |
Tesekkürler |
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excusez-moi |
affedersiniz |
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quoi
? |
Ne
? |
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où est
? |
…nerede
? |
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où est l'hôtel
? |
bir otel
nerede ? |
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chambre |
oda |
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toilettes |
tuvalet |
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restaurant |
lokanta |
Religions
La Turquie est musulmane à 99%. Les sunnites dominent, avec des
communautés chiite et alaouite dans l'est et le sud-est du pays.
Coutumes
L'usage commande de porter des vêtements discrets et de retirer ses
chaussures lorsque l’on pénètre dans une mosquée. Les femmes doivent en
outre veiller à couvrir leur tête, leurs épaules et leurs jambes (jusqu'au
genou). Évitez de visiter un édifice religieux le vendredi, jour sacré
pour les musulmans. Sachez aussi qu'on ne désigne pas du doigt quelqu'un
et que l'on ne se mouche, ni n'embrasse que très discrètement dans les
rues de Turquie.
Gastronomie
Le
kebab est une invention turque. Vous en trouverez à tous les coins de
rue. L'agneau et le poisson sont très prisés dans ce pays, mais ils
peuvent s'avérer chers. Une grande assiette de mezze (hors d'œuvre
variés) peut constituer à elle seule un excellent repas. L'aubergine
est le légume phare en Turquie. Il est l'ingrédient de base d'une délicieuse
spécialité locale : l'imam bayildi. Les desserts (pâtisseries
à base de miel, de noix et de fruits) occupent une place de choix dans
ce pays. La boisson nationale est le thé (çai), mais on trouve
de la bière quasiment partout. Les vins turcs, souvent méconnus, sont
de très bonne tenue. Enfin, impossible de se rendre en Turquie sans
goûter au raki, l'alcool local anisé à souhait.
FÊTES ET FESTIVALS
Dans ce pays laïc,
seules deux fêtes religieuses donnent lieu à de véritables célébrations :
le Seker Bayrami, qui s'étend sur trois jours à la fin du Ramadan
(en général en décembre ou février), et le Kurban Bayrami, qui
commémore le sacrifice évité (de justesse) d'Isaac par Abraham. Pour
célébrer la décision divine d'épargner le fils d'Abraham, chaque chef de
famille qui en a les moyens achète un mouton qu'il égorge après les
prières du matin. Sachez, d'un point de vue purement pratique, que la
plupart des banques sont fermées et que le prix des chambres grimpe à
cette période.
Dans le
domaine séculier, on citera les combats de chameaux, organisés à la
mi-janvier dans le village de Selçuk, au sud d'Izmir. La célébration de la
fête nationale, le 23 avril, donne lieu à une grande fête populaire à
travers tout le pays. Durant la période estivale, notez l'existence d'un
fameux tournoi de lutte à Sarayiçi, près d'Erdine début juin ; le
Festival de Kafaksör (près d'Artvin, au nord-est de la Turquie) fin
juin ; le festival international des Arts à Istanbul (fin juin-mi
juillet). Le festival de Musique folklorique, organisé à la mi-juillet à
Bursa et le festival du Melon de Diyarbakir en septembre, valent également
le déplacement. Enfin, sachez que l'ensemble du pays cesse de fonctionner
un bref instant chaque 10 novembre en souvenir de la mort d'Atatürk
(décédé en 1938).
RENSEIGNEMENTS
PRATIQUES
• Visa : Les ressortissants de
l'Union européenne (sauf les Britanniques) n'ont pas besoin de visa. Seul
un passeport en cours de validité est nécessaire pour séjourner 90 jours
au maximum en Turquie.
• Santé : Les vaccins contre la
polio, le tétanos, la diphtérie, le typhus sont recommandés. Risques de
malaria sur le littoral de la mer Noire.
• Décalage horaire : GMT +2.
• Poids et mesure : Système métrique.
• Electricité : 220 V.
COÛT DE LA VIE ET ARGENT
Prix moyen
pour les hôtels et les restaurants
La Turquie demeure un pays bon marché dans l'ensemble. Vous pouvez
voyager dans de bonnes conditions pour 60 FF par jour en descendant dans
les pensions et en prenant un seul repas dans un restaurant. Si vous
portez votre budget à 250 FF quotidiens, vous aurez la possibilité de
monter dans des bus (ou des trains) d'un bon standing, de loger dans un
hôtel une ou deux-étoiles et de prendre la plupart de vos repas dans des
restaurants. Ceux qui sont prêts à dépenser près de 500 FF tous les jours
auront le privilège de descendre dans des hôtels trois ou quatre-étoiles,
de recourir à l'avion si le cœur leur en dit et de fréquenter assidûment
les meilleurs établissements culinaires du pays.
Change
Étant donné l'instabilité de la lire turque, il est recommandé de
changer au fur et à mesure ses devises. Surveillez de près vos additions,
on se trompe très facilement d'un zéro. Les banques et bureaux de change
sont généralement ouverts du lundi au vendredi. Il est souvent difficile
de changer ses chèques de voyage durant les week-ends. Les cartes de
crédit sont très utilisées en Turquie, notamment la carte
Visa.
Taxes,
pourboires et marchandage
Dans les estaminets, vous pouvez vous contenter de laisser quelques
pièces sur votre table. Dans les restaurants, il est de coutume de laisser
un vrai pourboire dont la valeur est égale à 5% (environ) du montant
total. A donner au serveur directement. Il est toujours utile de garder un
dollar dans sa poche pour le groom de l'hôtel ou pour un gardien de musée
qui s'est montré serviable. Les Turcs refusent parfois le pourboire, mais
si vous insistez une ou deux fois, ils vous en seront reconnaissants. Le
marchandage est la règle en Turquie. Notamment sur les marchés. Vous
pouvez également vous livrer à cet exercice dans les hôtels durant la
basse saison entre novembre et avril.
QUAND PARTIR
Le printemps et l'automne, comme souvent, sont les deux meilleures
saisons pour voyager en Turquie. Le climat est parfait sur le littoral
égéen ou sur la côte méditerranéenne, ainsi qu'à Istanbul. Entre octobre
et avril, de nombreux établissements sont fermés. Les pluies font des
apparitions fréquentes en mai et en octobre. Et en juin, attention aux
moustiques qui débarquent en nombre dans certaines zones côtières. L'est
de la Turquie se visitera en priorité de juin à
septembre.
A NE PAS
MANQUER
• Istanbul
La ville a
perdu, en 1922, son statut de capitale au profit d'Ankara, mais elle reste
le cœur historique, économique et culturel de la Turquie avec ses 12
millions d'habitants. L'ancienne Constantinople se divise en une partie
européenne (Avrupa) et une partie asiatique (Asya) séparées
par le Bosphore. Difficile de ne pas commencer la visite par le palais
de Topkapi, l'ancienne résidence des souverains ottomans, avec ses
quatre cours majestueuses et son harem où vécurent jusqu'à trois cents
concubines en même temps. Mais on peut se laisser d'abord envoûter par
Sainte-Sophie, l'église construite par l'empereur romain Justinien
et islamisée par les Ottomans avec la construction de plusieurs minarets
autour de l'édifice principal. Au XVIIe siècle, le sultan Ahmet
Ier décida de bâtir un édifice qui surpasserait
Sainte-Sophie ; ce qui a donné naissance à la superbe mosquée
Bleue. Bien qu’envahi par les touristes, le Grand Bazar ou
Marché couvert, qui regroupe des centaines de petites boutiques, reste
néanmoins fréquenté par les Stambouliotes. Plus au nord, le quartier de la
Corne d’Or, qui abritait l’ancien port d’Istanbul, est un
formidable témoignage historique sur la ville, de même que le quartier
de Beyoglu. Frontière symbolique entre l’Europe et l’Asie, le
Bosphore et ses rives sont l’occasion d’explorer (ou de contempler
en ferry) les palais ottomans ou les faubourgsde la ville.
La ville
regorge d'hôtels en tous genres, notamment de catégorie moyenne. Le
quartier Sultanahmet est idéal pour trouver une chambre confortable
et bon marché. Pour se restaurer à bon compte (entre 15 et 30 FF), les
petits restaurants hazir yemek, où l'on sert les kebapçi et les pideci,
sont recommandés.
• Ankara
Posée
au milieu d'une zone semi-désertique dans l'Anatolie centrale, la capitale
turque est une ville très animée qui n'a plus grand-chose à voir avec la
vieille cité ottomane Angora qui l'a précédée sur ce site. En 1920,
Atatürk en a fait sa capitale, ce qui a fait la fortune de cette ville
administrative. Mais Ankara n'est pas seulement le centre politique du
pays, elle comporte plusieurs attractions qui méritent le détour. Hisar,
la citadelle byzantine bâtie sur une colline surplombant la ville, permet
d'amorcer la visite. Tout près se situe le musée des civilisations de
l'Anatolie. A quelques kilomètres de là, vers le sud, le mausolée
d'Atatürk, façonné dans la plus pure tradition architecturale anatolienne,
ne doit pas être négligé. Enfin, les ruines de l'époque romaine parsèment
la ville, lui conférant un charme indéniable. La plupart des hôtels
abordables et des restaurants sont installés dans la vieille ville, à
1 km environ de la gare.
• Éphèse
Parmi les
centaines de cités antiques qui pullulent en Turquie, Éphèse est la plus
importante et la mieux conservée. A l'époque où Athènes régnait sur le
monde, l'ancienne Ephèse (Ionia) était considérée comme l'une des cités
les plus florissantes de la Méditerranée. Le temple de Diane faisait
partie des Sept Merveilles du monde. saint Paul et saint Jean, et la
Vierge Marie, y auraient séjourné. Une promenade à travers les ruines de
la cité antique prend au moins une demi-journée. Sur place, les curiosités
ne manquent pas. La grotte des
Sept
Dormants, le gymnase de Vedius et le temple d'Hadrien, autant de
passages obligés pour l'amateur d'histoire et de vieilles pierres. Pour un
hébergement relativement bon marché, il est préférable de se rendre à
Selçuk, à 3 km de là. Pour se rendre à Éphèse, il faut d'abord
rejoindre Izmir sur la côte. Des bus relient la ville à Selçuk en
1 heure à peine.
•
Bodrum
Bodrum est probablement la station balnéaire la plus
pittoresque sur les rives de la mer Egée avec son joli port de plaisance.
Des ferries permettent d'accéder à l'île grecque de Kos. Les rues
sont bordées de palmiers et les maisons blanches en forme de cubes
voisinent avec de grandes villas. Sur place, la voile, la baignade, la
plongée sous-marine sont des activités hautement recommandées. La nuit,
Bodrum se métamorphose en temple disco avec ses boîtes enfiévrées. Les
amateurs de tranquillité feraient mieux de passer leur chemin ! Il
fait 4 heures de route depuis Izmir pour accéder à Bodrum. On peut
choisir de se rendre dans sur place à partir de l'île de Kos ou depuis
Rhodes. Pour se loger, on a l'embarras du choix. Un conseil : en été,
franchissez les portes de l'office du tourisme tôt le matin pour être sûr
de trouver une chambre.
•
Antalya
Antalya
est la principale agglomération turque située sur la côte méditerranéenne.
Elle fait figure de base idéale pour explorer les plages magnifiques qui
se succèdent dans la région. C'est le cas de Side (75 km à l'est),
où vinrent se prélasser Cléopâtre et Marc-Antoine. Dans le même registre,
on citera Alanya (115 km à l'est), qui n'a rien à envier aux plages
de la Floride. Les fêtes de Patara (à une centaine de kilomètres au
sud-ouest d'Antalya) ont acquis une réputation mondiale. Les amateurs de
sable blanc s'y précipiteront également : la plage est longue de 20
km ! On peut alterner farniente et visites à caractère historique :
la région recèle de nombreuses ruines romaines. Pour circuler, il est
recommandé d'utiliser les taxis collectifs
(dolmus).
ACTIVITÉS
Les sports nautiques sont très développés en Turquie. Il est vrai
que la beauté des côtes est une invitation qui se refuse difficilement. Le
ski nautique, la voile, la plongée sous-marine se pratiquent un peu
partout. Les massifs montagneux de l'Est anatolien combleront les amateurs
d'escalade et d'alpinisme. On peut également skier (bien que les
équipements soient assez limités) à Bursa, sur les monts Erciyes (près de
Kayseri) ou à Palandöken (près de Erzurum). Enfin, notez que les
randonnées à bicyclette se pratiquent agréablement dans ce pays. Mais il
est préférable, si possible, d'apporter sa propre "petite reine", la
location d'un bon matériel n'étant pas toujours aisée sur
place.
COMMENT S'Y RENDRE
Istanbul, Ankara, Izmir ainsi que plusieurs stations balnéaires
turques disposent d'aéroports internationaux. La compagnie Turkish
Airlines propose deux vols quotidiens depuis Paris à destination
d'Istanbul, Air France en affrète un tous les jours. Le schéma est à peu
près le même pour la Belgique et la Suisse. Pour les amateurs du rail,
l'Istanbul Express reliait tous les jours (avant les conflits dans les
Balkans) Munich aux rives du Bosphore à travers la Slovénie, la Croatie,
la Yougoslavie et la Bulgarie (mais il fallait d'abord se rendre en
Bavière). Par la voie terrestre, le plus court chemin passe par Belgrade.
Il y a tout de même 3 000 km à parcourir entre Istanbul et Paris. De
mai à septembre, Eurolines propose un bus hebdomadaire à destination
d'Istanbul. Départ : samedi à 15 h et arrivée… le mardi à 5h du matin. En
train, le trajet dure 50 heures environ (via Munich, Vienne, Belgrade et
Sofia). Autre solution : du mois de mai à la mi-octobre, des compagnies de
ferries turcs relient Izmir, Antalya ou Marmaris à
Venise.
COMMENT CIRCULER
La
compagnie nationale ferrovière relie entre elles les principales villes
de Turquie. Les bus, qui couvrent tout le territoire ou presque, sont
meilleur marché et confortables. Les trains ont du mal à soutenir la
comparaison. Mais il peut être agréable, et astucieux, de passer la
nuit dans un wagon en "voguant" tranquillement vers Izmir, Istanbul
ou Ankara. Il est absolument déconseillé de conduire en ville : le trafic
est très dense et la conduite extrêmement périlleuse. Il vaut mieux
prendre un taxi, y compris pour certaines courtes excursions. Dans ce
cas, les taxis collectifs représentent un bon compromis.
LECTURES RECOMMANDÉES
•Histoire des
Turcs, de Jean-Paul Roux (Fayard, 1984) : un panorama complet de
la mosaïque des peuples qui ont résidé sur cette terre depuis deux mille
ans.
• Istanbul et la
civilisation ottomane, de Bernard Lewis (Pocket, 1991) : l'auteur,
l'un des meilleurs spécialistes de la civilisation turque, décrit avec
brio la splendeur de l'Empire ottoman.
• Soliman,
de Thérèse Bittar (Découvertes Gallimard, 1994) : un récit passionnant sur
l'âge d'or d'une civilisation ; l'auteur livre mille détails sur la
vie politique, intellectuelle et culturelle de l'Empire.
• La Turquie en
mouvement, de Semih Vaner,
Bahadir Kalea-asi et Deniz Akagül (Complexe, 1996) : l'ouvrage met
l'accent sur les nombreux défis politiques et économiques que doit
affronter la Turquie, au premier chef : la question
kurde.
• Dans le domaine
littéraire, on lira avec bonheur les écrits de Yashar Kemal :
Salman le solitaire, La Grotte et La Voix du sang
(Gallimard, 1995), une trilogie consacrée aux aventures d'une famille
turque réfugiée dans le sud du pays.
• Orhan Pamuk a acquis
une réputation internationale avec son très beau roman Le Livre
noir (Gallimard, 1994).
• Enfin, Le Roman
du Conquérant (Seuil, 1996) de Nedim Gürsel mérite également vos
faveurs. L'auteur décrit, à travers le personnage d'un romancier, les
épisodes du siège de Constantinople de 1453 et les exploits de Mehmed le
Conquérant.
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